Paul Reynaud

Paul Reynaud

Courte biographie

Paul Reynaud 2Né le 15 octobre 1878 à Barcelonnette (Alpes-Maritimes) Décédé le 21 septembre 1966 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Selon Raymond Aron, Paul Reynaud fut « le plus intelligent de nos hommes politiques de l’entre-deux-guerres » : en effet, il fut très clairvoyant sur la crise des années 1930 en France et les conceptions novatrices du général de Gaulle dans le domaine de la stratégie. Il n’hésita jamais à se marginaliser, voire à mettre sa carrière en péril, quand il était sûr de son choix.

Parmi les parlementaires français de l’entre deux guerres, Paul Reynaud apparait comme l’un des plus lucides concernant l’imminence d’un nouveau conflit. De 1924 à 1940, il n’a cessé de dénoncer les illusions de l’attentisme français parmi les élites du pays, que ce soit dans le domaine de la diplomatie ou dans celui de l’outil militaire (il sera ainsi le premier à défendre le projet de Charles de Gaulle d’un corps cuirassé). Alors que la France pense en avoir terminé avec le spectre de la guerre, il incarne cette petite minorité de parlementaires français qui tentèrent de faire prendre conscience à leurs compatriotes des leurres qu’il y avait à se reposer sur la victoire de 1918. Partisan d’un rapprochement avec la Grande-Bretagne, haï pour cela par l’extrême droite, il ne parviendra toutefois pas à éviter le piège de Munich au gouvernement auquel il appartient.

Il défend la cause de l’unité européenne au sein du conseil de l’Europe à partir d’août 1951 et à l’Assemblée sur le traité portant ratification de la CECA en septembre 1951. Il se pose quelques questions face au projet de la CED du fait du réarmement allemand en février 1952 mais considère qu’il s’agit d’ «une parade française à un projet américain» et qu’il faut continuer, après le plan Schuman, à faire l’Europe « en faisant l’armée européenne ».

Il est élu président de la Commission des affaires économiques à l’Assemblée européenne de Strasbourg.

Paul Reynaud est l’auteur de La France a sauvé l’Europe (1947)

reynaud48Discours au Congrès de l’ Europe, La Haye, mai 1948

Le paragraph 2 dont vous êtes actuellement sai sis constate l’ insuffisance des institutions actuelles pour résoudre le problème europèen. Je l’ approuve entièrement, et je pense que la seule institution capable de sauver l’ Europe est l’ Assemblée européene. C’est là le point névralgique. Suivant ce que vous allez décider en ce qui concerne cette Assemblée européene, et notamment son recrutement, le Congrès de La Haye sera une date dans l’histoire de l’ Europe ou bien ce sera une déception de plus à ajouter à tant de déceptions.

Le rapport politique nous propose une Assemblé composé de députés et de quelques autres nommés par des deputés appartenent aux parlements des divers pays. Ce sont les deputés qui s’ éliront eux-mêmes. Or, ces deputés, quel mandat ont-ils reçus? Ils n’ont aussi, disont-le, les intérêts deleur propre circonscription électerals.

Dès lors, l’Assemblée qu’on nous propose ne peut pas être une Assemblée européene, d’esprit européen: ce sera un club de députés nationeaux.

L’opinion publique de nos divers pays restera absolument indifférente à cette création. Elle se contentera de railler le goût qu’on les députés, des voyages assortis de réceptions.
(Sourires)

Pourquoi les progrès de l’ unité européenne ont-ils été aussi lents? Nous ayons à cet égard un témoignage précieux, celui d’un homme qui a joué un rôle éminent dans les conférences où s’est débattue la question de l’ Europe. Il s’ agit de M. Spaak qui a joué un rôle considérable, en sa double qualité de premier ministre et de ministre des affaires étrangères.

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