Emploi: ruptures technologiques et opportunités

du Jéric Develle

Se pencher sur les cinquante dernières années en matière de lien entre l’emploi et la technologie peut vite donner le vertige. Jamais en effet une période de l’histoire de l’humanité n’a connu une telle accélération des pratiques professionnelles, et pourtant ce n’est rien face à ce qui nous attend d’ici 2020.

Jeric Develle

Se pencher sur les cinquante dernières années en matière de lien entre l’emploi et la technologie peut vite donner le vertige. Jamais en effet une période de l’histoire de l’humanité n’a connu une telle accélération des pratiques professionnelles (féminisation, tertiarisation, informatisation, prise de conscience de la nécessité d’une vraie politique de santé au travail, mécanisation croissante des tâches sans valeur ajoutée humaine, fin du contrat à durée indéterminée comme forme unique de relation sociale, mondialisation des échanges, migration Nord/Sud puis Est/Ouest, capacité à travailler à distance…).

Et pourtant j’ai le sentiment que les 10 prochaines années, en une sorte de contraction de l’espace-temps professionnel, vont enchaîner des ruptures technologiques majeures qui vont très vite renvoyer nos pratiques actuelles dans les pages du « catalogue des vieux métiers oubliés ».

La moitié de ces innovations seront des prolongements directs des progrès exponentiels du partage de l’information (crowdsourcing, internet mobile, intelligence artificielle, objets connectés, Cloud), trois viseront à libérer l’homme des contraintes de l’interaction homme/machine (imprimantes 3D, microrobotique, transport automatisé), quatre autres concerneront l’énergie (montée en puissance des énergies renouvelables, amélioration du stockage de l’électricité, exploration subtile des hydrocarbures), deux concerneront les nouveaux matériaux (composites et nanotechnologie), et la dernière touchera à la génétique (séquençage ADN, prévention avancée, production agricole optimisée).

Bien entendu, d’une façon ou d’une autre, l’ensemble de ces innovations tireront parti des progrès constants de l’informatique et de sa capacité à ne plus représenter qu’un coût marginal dans la mise à disposition des innovations du plus grand nombre, mais pour relever ces défis technologiques majeurs, nos entreprises vont devoir évoluer vers d’autres paradigmes de management.

Savoir recruter sur les valeurs et sur les comportements et non plus simplement sur les compétences

La plus grande cause de départ d’une entreprise est l’ambiance qui y règne. Cette ambiance est généralement directement liée au niveau de fréquence des conflits internes et ceux-ci sont principalement induits par les comportements non maîtrisés et les valeurs non affirmées.

Détecter la capacité des candidats à maîtriser parfaitement la sérendipité

Face au défi du Big Data, les entreprises les plus performantes seront celles qui sauront le mieux tirer parti de la masse d’informations de tous ordres, mise largement à disposition. Savoir faire le tri dans ces informations, mais surtout le faire très rapidement en maîtrisant le hasard de la recherche tout en en gardant la fraîcheur de la découverte va devenir un art numérique d’une grande noblesse, mais surtout un avantage concurrentiel décisif.

Pour savoir trouver, il va falloir savoir écrire. Le bon sens numérique n’y suffira plus et la maîtrise des techniques sémantiques va prendre toute sa valeur. Savoir communiquer vite, au travers de peu de mots et en donnant du sens deviendra la clef du management opérationnel.

Le choc des images

La génération qui rejoint nos entreprises et ce moment et qui en fera le succès a été intellectuellement nourrie par l’image. Contrairement aux idées reçues, cette génération dispose à la fois du bon sens et du sens critique vis-à-vis de ces images et elle a bien compris le gain de productivité majeur que la communication par l’image représente en interne pour les entreprises. Les managers ne maîtrisant pas l’image, ses subtilités, ses dangers, ses exigences ne sauront pas attirer et conserver les collaborateurs dont ils ont besoin.

L’organisation de communautés de sachants

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